» Article de 30.08.2016

L'homme qui a Découvert L'Holocauste


L'homme qui a Découvert L'Holocauste


Auteur(s) : Scénario : Rizzo, Marco - Dessin : Bonaccorso, Lelio
Éditeur : Steinkis
Date(s) de parution : 2014

L'homme qui a Découvert L'Holocauste


L'horreur, la nausée, le dégoût encore une fois face au spectacle des camps d'extermination nazis, du ghetto de Varsovie...

Marco Rizzo a choisi de nous conter tout cela du point de vue de Jan Kozielewski, jeune Polonais de Varsovie, qui va jouer les espions pour le compte des Alliés au coeur de la barbarie du centre de l'Europe. Une mission pour laquelle il n'était pas forcément fait, mais qui le serait ? Le jeune homme aura presque tout vécu, entre les arrestations, la torture, l'exil, il est passé dans le ghetto de Varsovie et un camp d'extermination (on ne sait pas lequel, mais peu importe, finalement). le personnage n'est pas idéalisé, il s'agit simplement d'un jeune homme intelligent, courageux, sensible et déterminé, qui a traversé la tourmente et l'Europe pour faire connaître au monde l'horreur.

Comme il l'indique lui-même en postface, Marco Rizzo a pris quelques libertés avec la réalité historique, et en particulier celle de Karski lui-même, puisqu'il a raconté son histoire dans un ouvrage. Sélection de certains passages, compressions de moments-clés, expansion d'autres, petits arrangements géographiques ou biographiques (notamment sur certains personnages secondaires). Mais qu'importe finalement, l'essentiel est là, faire connaître ce héros méconnu.

Le choix de confier le dessin à Lelio Bonaccorso était risqué, car son style élégant, un peu épuré à la manière de Tony Sandoval, semblait trop décalé par rapport aux horreurs traversées par Karski. mais il sait s'adapter, et ses planches du ghetto de Varsovie, plus que celles d'Auschwitz (ou quel que soit le camp que visite l'espion polonais) sont glaçantes dans leur crudité, leur dénuement et leur chaos.






 Les jumeaux de Conoco Station


 Les jumeaux de Conoco Station


Auteur(s) : Duchazeau, Frantz
Éditeur : Sarbacane
Date(s) de parution : 2009

 Les jumeaux de Conoco Station


Woody et Jerry, à la fois jumeaux dégénérés et vieux gars, s’évadent de prison pour retrouver celui qui les a dénoncés. Ils profitent de l’occasion pour remonter leur groupe de country accompagné de Oboz, le joueur de banjo. Leur objectif : une participation à l’émission de radio « Grand Old Opry ». Oui mais voilà, entre-temps, le rock’n’roll est passé par là et a tout raflé : la gloire et l’auditoire. Seul le gros sheriff de Conoco reste fidèle aux bons vieux groupes de hillbilly. Gare à pas le décevoir !

Après le blues des années 30 du Rêve de Meteor Slim, Franz Duchazeau fait un bon de 20 ans en avant et plonge dans le Rock’n’Roll qui est en train de balayer la country comme un vieux fétu de paille. Une nouvelle fois la musique sert de décor à l’auteur pour dépeindre des portraits hauts en couleur. Tronches de dépravés et comportemens barrés au rendez-vous. Les références et influences semblent nombreuses. De l’humour débridé de O’ Brother des frères Coen à la folie malsaine de Delivrance de John Boorman. L’excellence de Duchazeau réside dans son habilité à associer des personnages ciselés au scalpel de son imagination à une ambiance lourde et pesante. Tout cela enrobé d’un humour noir et cynique. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas de place pour la dentelle.

Toujours aussi acéré, le trait de Duchazeau retranscrit à merveille l’atmosphère de ce que l’on pourrait imaginer comme étant celle des villes du sud des fifties.Dans cet album, Conoco et Nashville sont fabuleuses. Ce sud bourré de contradictions. Rude et brutal d’un coté, musical et festif de l’autre. Les bars et les clubs enfumés où les buveurs de whisky sont bercés par la country ou chahutés par le blues ou le rock’n’roll. Les marais embrumés et les bicoques isolés peuplées de créatures plus torturées du cerveau les unes que les autres, encore vivantes mais déjà mortes. Au-delà de l’humour et de la virée déjantée du Conoco Jug Band, c’est un monde que dépeint l’auteur, celui de l’Amérique profonde, avec santiags, station service en voie d’abandon et vieux pick-up Dodge. L’humour, gras comme le sheriff, ne fait qu’atténuer la noirceur des âmes damnées à jamais. Si l’on peut encore parler d’âmes dans des cas aussi désespérés…

Duchazeau en profite pour aborder superficiellement le racisme ou la torture carcérale qui passent pratiquement inaperçus au milieu de cette folie destructrice. La musique adoucit les mœurs parait-il. Pas celles de Woody et Jerry. Des péquenauds rétrogrades qui permettent à l’auteur de pousser l’ironie assez loin. Un conte musical à dormir debout ou à picoler au bar. Une balade, sans but précis, dans le sud au son un peu moribond d’Hank Williams.






 La Saison des Fleches


 La Saison des Fleches


Auteur(s) : Scénario : Stento, Samuel - Dessin : Trouillard, Guillaume
Éditeur : Les Éditions de la Cerise
Collection : La Cerise sur le gâteau
Date(s) de parution : 2009

 La Saison des Fleches


Mettez un Sioux dans votre vie ! En 1879, Irving McMulligan, parangon du self-made-man à l’américaine, inventait un procédé exclusif permettant de mettre les Indiens en conserve. Grâce à la Mulligan’s Tradition Inc., le rêve américain s’exporte désormais dans le monde entier. Qui refuserait en effet "Le Far-West à la maison pour 19 euros seulement", surtout quand la boîte existe aussi en format familial !

Pour ce couple de retraités poitevins, la tentation est bien trop grande, mais l’appartement ne l’est manifestement pas assez. A mesure que la famille indienne prend ses aises, improvise un canoë dans le buffet ou dresse un tepee dans le salon, le couloir prend des allures de canyon et la cuisine est progressivement colonisée par des chercheurs d’or qui n'hésitent pas à dynamiter les canalisations. La voisine du dessous ne tarde pas à se plaindre d’infiltrations d’eau. Il n’en fallait pas plus pour que déferlent les services de l’immigration (et de l’identité nationale) : c’est qu’à la différence de l’Ouest sauvage, il est exigé, dans l’Occident modernisé, que l’on justifie de son identité et de la régularité de son séjour… L’appartement est assiégé, le vestibule occupé. Le petit groupe doit se retrancher dans les forêts de la chambre à coucher. C’est de survie dont il s’agit désormais, d’une ultime insurrection de l’imaginaire, quand bien même la résistance serait dérisoire ou la guerre déjà perdue.

Avec beaucoup de rigueur et de minutie, Gabriel Stento et Guillaume Trouillard s’emploient à décrire un univers burlesque où chaque situation est poussée à son extrême absurde : autant de variations surréalistes sur des thèmes qui imprégnaient aussi le précédent album de Guillaume Trouillard : Colibri. Dans ce dernier, préfigurant les conserves d'humains de La Saison des flèches, apparaissait déjà, sur l'une des dernières planches, un indigène pêchant des sardines en boîte sous les flashes des touristes. Ici, tandis que de vastes plaines repoussent les murs, que l'aquarelle s'émancipe des contours du crayonné, il est encore question du rapport de l’homme à la nature, de l'urbanisation effrénée et du mépris pour les peuples premiers. Le paternalisme vaguement condescendant du colonisateur est ainsi mis en scène au travers des quelques extraits édifiants d’un mode d’emploi, d’un dépliant publicitaire ou des illustrations confondantes d’un livre d’histoire. A parcourir leur carnet de bord, nos charmants retraités paraissent aussi hésiter un temps quant à la conduite à tenir, sans que l’on sache si leur revirement est inspiré par le mythe rousseauiste du bon sauvage ou par la charité bien ordonnée que commande la morale bourgeoise. C’était, il est vrai, avant la visite du photographe ethnologue Edward S. Curtis (The North American Indian), lequel, au début du XXe siècle, avait pris conscience de l’importance de faire connaître au monde les traditions amérindiennes sans pour autant les réduire à des attractions parquées dans des réserves ou les mettre sous vide dans des cylindres de corned-beef à longue conservation.






Sacha - One shot


Sacha - One shot


Auteur(s) : Berberian, Charles
Éditeur : Cornélius
Collection : Raoûl
Date(s) de parution : 2009

Sacha - One shot


En 1977, la sonde Voyager emporte dans l'espace un enregistrement des bruits de la Terre. On y entend la pluie et les oiseaux, Beethoven et Chuck Berry, mais aussi les battements du coeur d'une jeune femme, Ann Druyan. Sacha rassemble quelques spécimens de notre zoo sublunaire : un matou massacré, un monstre bien vivant, un moineau moraliste, un musicologue misanthrope, une mère et son marmot, un miséreux qui rêve du musée Grévin. Le tourbillon de la vie les entraîne au fond et certains se laissent couler. Mais, il n'est d'existence si médiocre qu'elle ne puisse être rachetée. Il suffit pour cela de savoir écouter le monde.







  La Faute One shot


  La Faute One shot



Éditeur(s) : Delcourt 2014
Auteur : Sztanke et Chabert

  La Faute One shot


Chol Il travaille pour le ministère des Affaires Étrangères. Le jour où il omet de porter sur son veston le badge officiel à l'effigie du leader, il commet une faute inexcusable. Ses supérieurs lui laisse dix jours pour effacer cet affront en devenant le guide exemplaire d'un étranger venu réaliser un reportage sur le pays, Michaël Sztanke. Une occasion unique de se racheter pour l'un, et de comprendre pour l'autre...





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