» Article de Aout 2016 Année » page 178

Antoine Bohm (2016) - De Gandhi à Daech


« J'ai voulu approcher la vie de ceux que l'on nomme infâmes, les séditieux qui prennent envers et contre tout le chemin des armes ou celui, plus vaste, de la contestation. Certaines de ces vies paraissent plus conséquentes que d'autres : celles de Gandhi, Mao ou Lumumba sont encore des phares de la lutte, au contraire des vies minuscules, presque insignifiantes, de l'Indienne Adriana Vélez, qui rejoignit les Farc dans les montagnes de Colombie, de H. Winterhälter, mercenaire américain combattant Daech pour le PKK, ou encore de Shou Lao, vieillard témoin du premier soviet de Chine. J'ai voulu rendre compte du choix qu'ont fait certains hommes de se regrouper et de combattre, par la violence, la propagande, les négociations, la morale, tout en cherchant ce qui les unissait. Ce fut un homme ; ce fut l'exploitation et la pauvreté ; la marginalité ; des attaques sans visage ; la peur et la terreur ; ce fut souvent un sentiment commun de la justice du monde. »

En une quinzaine de récits restituant les pliures de notre temps, ce livre raconte comment on prend le pouvoir, et comment on le défend, les meilleures techniques comme les erreurs courantes. À ce jeu, tous les moyens sont bons : terrorisme, guérilla, guerre conventionnelle, attentats politiques ou suicides et, moins communément, la voie des urnes.



Marie Laberge - Quelques adieux



Il est des amours lumineux. Il en est d'autres obscurs, irrémédiables, au bord desquels on est pris de vertige et dont on sait qu'ils nous briseront. François n'aurait jamais cru qu'il vivrait les deux - et qu'il les vivrait en même temps. Que l'un et l'autre lui sembleraient aussi essentiels, aussi inséparables que les deux moitiés d'un même fruit. Anne l'incandescente, la violente, fuit l'amour, s'en défend comme s'il contenait sa mort. Elisabeth y consent cœur et bras ouverts, sans jamais considérer le prix d'un tel abandon. Pour tous trois, François, Anne, Elisabeth, l'amour scande des rythmes effrénés ou apaisés, mais toujours déchirants.



Julia Kristeva - Seule une femme


Seule une femme peut et doit se lire dans plusieurs directions. Seule, comme seule une femme peut être seule, face à son irréductible singularité, seule face au défi inlassable que constitue la maternité (biologique ou/et cérébrale) en chacune, seule encore dans le création, dans ce qu'elle a à dire, elle, et nulle autre qu'elle, à la place de nulle autre, loin des meutes et de tous les communautarismes. C'est dire que LA femme n'existe pas, et qu'il faut sans cesse articuler le féminin à la féminité qui échappe et excède les poncifs à l'oeuvre sitôt qu'on se prend à penser à la condition des femmes.



Julia Kristeva - Pouvoirs de l'horreur - Essai sur l'abjection


Pourquoi l'abjection ? Pourquoi y a-t-il ce " quelque chose " qui n'est ni sujet ni objet, mais qui, sans cesse, revient, révulse, repousse, fascine ? Pourquoi de l'abject ? Ce n'est pas la névrose. On l'entrevoit dans la phobie, la psychose. Il s'agit d'une explosion que Freud a touchée mais peut-être aussi évitée, et que la psychanalyse, si elle veut aller plus loin que sa simple répétition, devrait être de plus en plus pressée d'entendre. Car l'histoire et la société nous l'imposent. Dans l'horreur. Les rites, les religions, l'art ne feraient-ils rien d'autre que de conjurer l'abjection ? D'où l'étrange révélation de la littérature : Dostoïevski, Lautréamont, Proust, Artaud et, de façon sans doute hypersymptomatique, Céline. Le voici maintenant cet habitant des frontières, sans identité, sans désir ni lieu propres, errant, égaré, douleur et rire mélangés, rôdeur écoeuré dans un monde immonde. C'est le sujet de l'abjection.



Julia Kristeva - L'horloge enchantée

Avez-vous perçu ce silence absolu qui résonne sur terre juste avant la tombée de la nuit ? Seule une oreille tendue vers le rayonnement profond des êtres peut le capter, échappant aux bruits parasites. Ce qu'on appelle « un couple », au sens inaccessible du terme, se forme lorsque deux personnes entendent ce rayonnement en chacune d'elles, réciproquement et dans le monde alentour. Personne d'autre ne peut s'y immiscer. Nous sommes bien devenus une sorte de couple, mon Astro et moi. Par l'enchantement d'une fabuleuse horloge astronomique, la pendule de Claude-Siméon Passemant, ce visionnaire amoureux de son prince, à Versailles, à l'aube des Lumières.



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